Je sens que je vais me faire tomber dessus à bras raccourcis par la brigade de Copenhague, les Cotillard et consorts, peu importe, faut que ça sorte. J’adore les Allemands, vraiment. Je vis à Berlin, une ville merveilleuse. Chaque jour que Dieu fait, crinière au vent, je me félicite de vivre parmi ces gens si tolérants, si propres, ouverts d’esprit et rassurants. Seul hic -et je sais ami lecteur, je me répète-: les öko-faschos de mon quartier, Prenzl’er, dans l’ex-Est berlinois. On dirait que l’écologie est une sorte de bonus génétique reçu par l’ensemble de nos voisins germains à leur naissance : cela semble tellement spontané et « naturel » ici de protéger l’environnement que je passe régulièrement pour une femme de Néanderthal, voire un déchet toxique.
Quand même, ce côté moralisateur m’épuise. Cette bonne conscience verte. A Berlin, si tu dis que tu prends des bains, c’est pire que d’avoir égorgé un petit Malien. Pas question de porter de la fourrure, même en hiver par -30°, sinon tu as tôt fait de croiser trois illuminés en Birckenstock qui te parleront doucement du WWF. Et le tri des ordures ? Biomülle, plastique, papiers et verre, des poubelles qui occupent déjà quatre kilomètres carrés de la superficie de ta cuisine, sans oublier l’horreur de la « Kompost » qui se transforme en matière tellement gluante, puante et humide, que je me vois obligée de jeter régulièrement du papier/plastique dedans pour « absorber ». Et ma coloc, qui surveille systématiquement mes faits et gestes -et nettoie notre baignoire commune avec du vinaigre-, vient ensuite gentiment me rappeler le laïus « générations futures etc… ». Symptomatique de cette moralité écolo : à Prenzlauer Berg, les magasins bios -et les nains aux joues roses mangeant joyeusement des tétines biodégradables- sont plus nombreux que les distributeurs bancaires. Mais je vous jure, une vie plus saine, nom de Dieu, quel ennui !







